Loin d'être uniquement un chanteur, Nosfell éblouie par son omniprésence dans tout ce qui fait sa musique. Instrument et voix se mêlent et se démultiplient. Souvent, durant ses concerts on peut entendre « est-ce lui cette voix aussi ? » et même parfois « c'est du play-back. » or, nosfell est aux antipodes du play-back et propose à ces voyageurs/spectateurs chaque soir une performance différente. Utilisant la technique de « l'auto-sampling » Nosfell boucle ses voix et ses accords toujours en direct. On pourrait applaudir la maîtrise mais cela serrait bien réducteur. C'est bien plus que ça. Il entrelace les émotions et subjugue par ses souplesses tant vocales que corporelles. Oui, si Nosfell s'écoute et se vit, il n'en reste pas moins une expérience visuelle exceptionnelle.

On dit de lui que c'est un homme serpent. Torse nu sur scène, notre homme ondule comme un reptile. La comparaison animalière ne s'arrête pas là. Il se meut avec une grâce féline et se recroqueville dans un instinct sauvage et ancestral. Il fait peur à certains, peut-être parce qu'il nous ressemble.

Ce n'est pas sans sourire que nous écoutons ce conteur de Klokochazia faire vivre son pays et ses habitants. Ses interludes sont un régal et on aime à se faire piéger dans son univers narré par son phrasé si particulier. Dans ses chansons, le Klokobetz, langue de Klokochazia, fait échos à l'anglais. Percevoir est là plus important que comprendre. Comme il le dit lui-même, cette langue incompréhensible pour le commun des mortels permet de s'approprier chaque chanson… ou peut-être chaque histoire.

Je n'en dirai pas plus. Courrez le voir en concert si vous en avez la possibilité. Si vous ne le pouvez pas, Pomaï Klokochazia Balek, son premier album, reste un excellent moyen de s'évader de chez soi. Comme on regarde avec nostalgie les diapositives de nos vacances.

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